Acronymes de Pôle emploi : les sigles à connaître absolument

Cette fiche pratique présente les acronymes utilisés par le Pôle emploi, les statistiques et les modifications de la législation relatives au chômage. Il sera mis à jour au fur et à mesure que je découvrirai de nouveaux acronymes de cet établissement inventif en la matière ainsi que des activités politiques très créatives sur le sujet du chômage.

Pôle emploi : les acronymes

A.R.E. : Allocation de retour à l’emploi

L’allocation de retour à l’emploi s’appuie directement sur les douze derniers bulletins de salaire, y compris les primes, à condition que les cotisations chômage aient bien été versées. À l’inverse, les indemnités de rupture, congés ou départ ne sont pas intégrées au calcul. Le montant reçu dépend autant du passé salarial que de la nature de l’emploi (temps complet, partiel, activités saisonnières), ou d’une pension d’invalidité ou de vieillesse perçue. Depuis 2017, la part fixe est établie à 11,84 euros. Le minimum touché monte désormais à 28,86 euros, sauf en cas de formation où ce plancher passe à 20,67 euros.

A.R.C.E. : Aide à la reprise ou à la création d’entreprise

Le Pôle emploi propose de transformer une partie de l’allocation en capital via l’A.R.C.E., à condition d’avoir obtenu l’A.C.R.E. Démarrer sous cette forme permet de récupérer 45% des droits restants à l’A.R.E., versés en deux temps et minorés de 3% pour les retraites complémentaires. Le demandeur peut malgré tout privilégier le versement mensuel classique de son allocation, sans passer par cette option.

A.C.R.E. : Aide à la création ou reprise d’entreprise

L’A.C.R.E. octroie une exonération partielle de cotisations sociales dès la création, sur douze mois en général, jusqu’à trois ans pour les micro-entreprises. Pour continuer à toucher des droits au chômage lors de cette aventure, il faut impérativement se déclarer chaque mois sur le site de Pôle emploi et signaler toute activité : formation retrouvée, arrêt maladie, ou création d’activité, lors de la quinzaine fixée.

Catégories de demandeurs d’emploi

Voici les différentes catégories qui organisent le classement des demandeurs d’emploi, structurant le suivi administratif aussi bien que la lecture statistique :

Cat Définition
A Personne inscrite en recherche active, sans aucune activité professionnelle durant le mois (CDI, CDD, intérim, partiel, saisonnier inclus).
B Personne exerçant jusqu’à 78 heures dans le mois mais tenue de poursuivre sa recherche d’emploi.
C Personne ayant travaillé plus de 78 heures sur le mois, sans pour autant cesser de chercher un poste.
D Demandeur temporairement indisponible (formation, maladie…), dispensé provisoirement de recherche.

Formation, financement

Pour soutenir un parcours de formation en période de recherche d’emploi, voici un panorama des mécanismes fréquemment mobilisés :

  • A.F.C. : Action de formation conventionnée, formation financée directement par Pôle emploi
  • A.I.F. : Aide individuelle à la formation, subvention attribuée au cas par cas
  • P.O.E.I. : Préparation opérationnelle à l’emploi individuelle, préparation ciblée à une prise de poste
  • A.F.P.R. : Action de formation préalable au recrutement, stage court de pré-recrutement

P.P.A.E. : Projet personnalisé d’accès à l’emploi

Ce document détaille le parcours vers l’emploi et formalise l’offre « raisonnable », du poste à la localisation en passant par la rémunération proposée. Refuser deux offres correspondant à ce projet sans motif conduira désormais à une radiation automatique du fichier, réglementation entrée en vigueur depuis janvier 2019.

Radiation

Ce mot n’est pas un acronyme, mais il pèse lourd. La radiation sanctionne un manquement grave : absence à un rendez-vous sans motif, déclaration mensongère, refus persistants, ou non-participation à une action obligatoire comme un examen médical ou une formation prescrite. Selon la gravité, la suspension peut durer de quinze jours à douze mois.

Statistiques du centre d’emploi

Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi par catégorie (T1 2017 – T4 2019)

En début 2017, le nombre d’inscrits frôlait 6,25 millions. Deux ans plus tard, fin 2019, le compteur affichait 6,09 millions. Résultat : 135 000 personnes en moins sur les listes, mais tout n’est pas dit dans ce chiffre brut.

Évolution du nombre de sorties par cause au troisième et quatrième trimestre 2019

Sur l’année 2019, la part des sorties demeure stable : 485 900 au 3e trimestre, 469 800 au 4e, ce qui correspond à 9% de l’ensemble des inscrits A, B et C. La radiation liée à l’oubli de mise à jour pèse toujours le plus dans cette statistique, loin devant la reprise d’emploi. Près de 64 000 cas restent toutefois sans explication recensée. De quoi s’interroger sur la fiabilité des motifs retenus.

Halo du chômage

Le « halo du chômage » se dessine là où les frontières deviennent floues, entre activité réduite, chômage au sens strict et inactivité pure. Évaluer ce périmètre relève de la gageure : un étudiant qui travaille par intermittence, une personne en mauvaise santé trop éloignée de l’emploi, des contrats hyper-précaires… Au fil des années, l’Insee note la montée en puissance de cette zone grise. Les personnes souhaitant travailler sans être disponibles ou cherchant trop peu activement sont classées hors chômage officiel, mais leur situation s’ajoute au malaise général.

Qu’en disent les chiffres ?

En 2008, 1,1 million étaient comptés dans ce « halo ». Ce chiffre grimpe à 1,5 million à la fin 2017, dont une part notable de plus de 50 ans, et atteint 1,7 million fin 2019. À cela s’ajoutent les actifs en sous-emploi qui subissent le temps partiel non choisi. Dès lors, baisse réelle du chômage ou simple déplacement statistique ? Les doutes s’invitent jusque dans les médias nationaux, et de nombreux observatoires y consacrent de longues analyses.

Avis

Humeur

Le taux d’emploi chez les seniors monte, à quel prix ? L’âge de départ à la retraite est repoussé d’année en année. Pour celles et ceux nés en 1960, il atteint déjà 67,5 ans pour une carrière complète. La statistique est parlante : 52% d’emploi dans la tranche 55-64 ans, mais derrière cette progression se cache un bond des micro-entreprises créées après 60 ans. Août 2019 : aussi nombreux que les trentenaires à franchir le pas, souvent pour compléter des ressources insuffisantes ou faute d’alternative réelle. Présenter le temps partiel comme un choix relève plus de la théorie que de la pratique.

Réforme des retraites : actualisation janvier 2020

La réforme annoncée élargit son champ bien au-delà des régimes spéciaux. Exit la référence aux 25 meilleures années, le calcul s’effectue désormais sur 44 ans de carrière, et il suppose une continuité d’activité quasi irréelle depuis 20 ans. Dans les faits, les montants de pensions s’effritent. Et l’espérance de vie « en bonne santé », 64,1 ans pour les femmes et 62,7 ans pour les hommes selon la DREES, ne fait pas le poids face au report de l’âge légal. Le transfert de charge pèse et pèsera massivement sur les futurs retraités, tandis que certains acteurs financiers en tireront le bénéfice.

Réforme du chômage de 2019 : points de vue

  • Un article d’analyse d’économistes sur la réforme de l’assurance-chômage de 2019
  • Un article du blog allpourchanger qui observe : « La réforme de l’assurance-chômage s’inscrit donc clairement dans une dynamique de soutien au travail indépendant… au détriment du salariat, suivant la tendance de l’époque. Le nombre d’indépendants, proche de 3 millions et en hausse de 25% depuis 2003, évolue dix fois plus vite que la population active. Un basculement structurel. »

Et maintenant ?

L’hypothèse circule : pousser les plus de 55 ans hors du jeu pour alléger la charge des retraites. La logique du « trop vieux, trop cher » n’épargne personne et s’étend génération après génération. Dans vingt-cinq ans, la même interrogation reviendra sur la table, en plus vif, en plus tendu encore.

Pôle emploi : les textes de loi

  • Mises à jour du Code du travail à compter du 1er janvier 2019
  • Décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019 sur le régime d’assurance chômage

Anciennes statistiques

Nombre de sorties par cause au troisième trimestre 2019

Sur le trimestre, 549 000 demandeurs d’emploi sortent des listes, soit 10% du total ABC, sur 5,53 millions d’inscrits. Un semestre plus tôt, 5,58 millions de personnes étaient concernées pour un taux de sortie d’environ 9%.

Demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi par catégorie du 1er trimestre 2017 au 3e trimestre 2019

Les discours officiels vantent la baisse du chômage, mais les chiffres méritent d’être regardés de près : 5,51 millions d’inscrits au premier trimestre 2017, 5,60 millions à la même période en 2019, puis 5,53 millions au troisième trimestre 2019. Bilan : plus de 19 000 personnes supplémentaires sur deux ans. L’opération communication masque mal la réalité brute de la statistique.

Nombre de sorties par cause au deuxième trimestre 2019

L’actualisation non réalisée domine les causes de sortie, loin devant la reprise d’emploi. Ajoutons-y les sorties pour stage, décès, déménagement, incarcération, incidences de séjour ou cessation de recherche : ensemble, ces motifs totalisent trois fois plus de cas que la simple prise d’un nouveau travail. Au deuxième trimestre 2019, ça représente 9% des inscrits ABC, soit près de 5,58 millions de personnes (source Statista).

Taux d’emploi des seniors en 2018

(1) Statistiques issues de l’enquête annuelle Emploi de l’INSEE. (2) Concernant les cessations d’activité prévues, seuls les résidents de France métropolitaine hors Mayotte sont pris en compte. On observe une forte hausse de la part des retraités entre 59 et 63 ans : trois quarts des personnes de 63 ans perçoivent déjà une pension. Entre 60 et 65 ans, la chute de l’activité s’accélère : à 59 ans, trois non-retraités sur quatre sont encore en emploi, mais à 65 ans, il n’y en a plus qu’un sur deux. En 2018, le taux d’emploi des 55-64 ans frôlait 52%. Cette progression s’accompagne toutefois d’une augmentation du chômage pour cette tranche d’âge. Près d’un quart des seniors occupent un poste à temps partiel. Les plus de 55 ans restent ainsi confrontés à une fragilité persistante sur le marché du travail.