Devenir aidant naturel : les étapes clés pour se lancer

430 dollars. C’est la somme que déboursent chaque mois, en moyenne, les Canadiens qui prennent soin d’un proche, selon un sondage de la Banque CIBC. Un chiffre qui en dit long : accompagner un parent malade ou soutenir un conjoint dépendant n’est pas qu’un défi affectif, c’est aussi un engagement concret, qui pèse sur les finances et le quotidien. Trois quarts des personnes interrogées reconnaissent devoir rogner sur leurs dépenses, voire renoncer à certains projets pour tenir le cap. Alors, quelles formes de soutien sont accessibles à ceux qui endossent ce rôle d’aidant naturel?

Heureusement, diverses solutions d’aide financière sont prévues pour alléger le fardeau. On ne parle pas ici de couvrir chaque heure perdue au travail ou chaque facture imprévue, mais il existe bel et bien des outils pour respirer et retrouver un peu de stabilité.

Prestation canadienne de relance économique pour aidant naturel (PCRC)

Après le choc de la pandémie, le gouvernement fédéral a créé une aide temporaire pour accompagner les aidants familiaux. Cette prestation offre 500 $ par semaine, jusqu’à concurrence de 26 semaines, aux employés admissibles qui doivent cesser de travailler pour prendre soin d’un proche, fermeture d’école, impossibilité d’utiliser certains services de soins, ou nécessité soudaine de veiller sur un membre de la famille.

La PCRC est entrée en vigueur le 27 septembre. Les demandes étaient possibles dès le 5 octobre 2020 sur le site du gouvernement du Canada.

Prestations d’assurance-emploi

Depuis janvier 2019, les règles qui encadrent le soutien aux aidants naturels ont évolué. Plusieurs options existent en fonction des circonstances :

  • Prestation pour les aidants d’adultes : jusqu’à 15 semaines d’aide pour ceux qui s’occupent d’un adulte gravement malade ou blessé dans leur entourage.
  • Prestation pour les aidants d’enfants : jusqu’à 35 semaines pour soutenir un enfant de moins de 18 ans faisant face à une maladie ou blessure grave, ou à un changement important de son état.
  • La prestation s’est élargie : désormais, tous les proches, au sens large, d’un enfant gravement malade peuvent être éligibles, là où seule la famille immédiate avait accès avant. On y retrouve toujours un maximum de 35 semaines d’aide.
  • Prestation de compassion : cette aide permet jusqu’à 26 semaines de congé pour accompagner un proche dont le pronostic vital est engagé à court terme.

Crédits d’impôt fédéraux

Imaginons la situation suivante : votre mère a besoin d’assistance permanente à domicile, et la famille partage les factures. Chacun peut alors demander un crédit d’impôt pour frais médicaux. Jamie Golombek, spécialiste de la fiscalité à la Banque CIBC, précise qu’il existe aussi le crédit canadien pour aidant naturel, non remboursable, qui atteint jusqu’à 15 % d’un montant maximal de 6 986 $.

Autre possibilité : le crédit d’impôt pour personnes handicapées, transférable à l’aidant sous certaines conditions afin de réduire l’impôt à payer.

Le crédit d’impôt pour l’accessibilité domiciliaire, quant à lui, rembourse jusqu’à 1 500 $ pour l’ajustement ou l’aménagement du logement.

Crédits d’impôt provinciaux

Au Québec, les mesures provinciales viennent en relais de l’aide fédérale. Selon le contexte, plusieurs options se dessinent :

  • Crédit d’impôt pour les soignants
  • Crédit d’impôt pour frais médicaux
  • Montant destiné à une déficience grave et prolongée des fonctions mentales ou physiques
  • Crédit d’impôt pour le soutien à domicile

Assurance

Une bonne assurance, invalidité, maladies graves, soins de longue durée, peut vraiment faire la différence. Ce genre de garanties facilite l’accès à une intervenante à domicile, ou l’achat d’équipements adaptés. Il faut seulement y avoir souscrit avant le problème de santé, bien sûr.

Indemnisation dans le testament

Dans de nombreuses familles, une personne porte l’essentiel du soutien pour un parent malade. Il arrive qu’une compensation financière soit prévue, versée pendant la prise en charge ou inscrite dans le testament à la disparition du proche. Deux personnes sur trois jugent cette démarche légitime, d’après le sondage cité.

Mieux vaut aborder le sujet sans détour. « Des accords trop vagues peuvent déclencher des tensions », prévient Jamie Golombek. Anticiper et formaliser ces dispositions dans un plan successoral structuré aide à apaiser les relations et à gérer les attentes. Rien n’interdit d’y ajouter procuration, mandat de protection et testament actualisé.

Prends soin de toi

Épuisement, stress, pertes financières… Les aidants vivent parfois en équilibre instable. Personne ne devrait traverser tout cela seul. Solliciter le CLSC ou des associations spécialisées pour lâcher prise ou demander une pause de quelques heures, c’est aussi préserver sa santé et sa capacité à accompagner durablement.

Endosser le rôle d’aidant naturel, c’est traverser beaucoup d’incertitudes. Mais plus l’entourage se structure, plus cette traversée ressemble à un chemin praticable. Et l’énergie retrouvée rejaillit autant sur celui qui donne que sur celui qui reçoit.