1,8 million de Français ont plus de 85 ans, et chaque année, des milliers d’entre eux se retrouvent soudainement dépendants à la suite d’un accident, d’une chute ou d’un retour d’hospitalisation. Face à l’urgence, il existe des aides concrètes qui permettent de tenir le choc. Reste à savoir lesquelles sont accessibles et comment les obtenir sans perdre de temps.
L’Aide au Retour à Domicile après Hospitalisation (ARDH)
Quand une hospitalisation bouleverse le quotidien d’une personne âgée, le retour à domicile peut devenir un parcours du combattant. L’ARDH s’adresse alors aux retraités du régime général qui, après un séjour en établissement de santé, ont besoin d’un coup de pouce temporaire pour retrouver leur autonomie. Cette aide ne s’active pas toute seule : c’est l’établissement hospitalier qui doit lancer la démarche. Le soutien financier, attribué sous conditions de ressources, peut couvrir jusqu’à 1 800 € sur trois mois. De quoi organiser quelques semaines de répit, le temps de retrouver ses repères.
L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA)
L’APA, versée par le département, cible les personnes âgées dont la perte d’autonomie, physique ou psychique, bouleverse la vie quotidienne. Son objectif : permettre à chacun de rester chez soi, entouré et accompagné, même quand les gestes simples deviennent compliqués.
Conditions d’obtention
Quelques critères doivent être réunis pour demander l’APA. L’âge d’abord : il faut avoir au moins 60 ans. Le lieu de vie ensuite : la personne doit habiter à domicile, mais cela peut aussi être chez un accueillant familial, en résidence-autonomie, en établissement pénitentiaire ou dans une communauté religieuse encadrée. Enfin, la dépendance : l’aide concerne uniquement les personnes classées en GIR 1 à 4, c’est-à-dire celles qui ont réellement besoin d’une présence ou d’une assistance régulière.
Procédure d’obtention
La demande d’APA s’effectue auprès du CCAS, du CIAS ou de la mairie du domicile de secours. L’initiative peut venir de la personne concernée, de son représentant légal ou d’un proche. Il faut d’abord retirer le dossier, disponible sur le site du département, auprès des services départementaux, des mairies ou encore du CCAS/CIAS. Plusieurs documents sont essentiels : un RIB ou RIP au nom du demandeur (ou du tuteur légal avec IBAN), une pièce d’identité valide et le dernier avis d’imposition complet. Si la situation familiale a évolué récemment (mariage, veuvage, etc.), il faudra fournir les justificatifs d’imposition correspondants. D’autres pièces peuvent être demandées selon le contexte.
L’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA)
L’ASPA garantit un revenu minimal aux retraités les plus modestes. Trois conditions s’imposent : être retraité du régime général, respecter le plafond de ressources et avoir au moins 65 ans. Une fois ces critères réunis, la porte s’ouvre à une aide mensuelle non négligeable. À ce jour, l’ASPA atteint 800 € par mois pour une personne seule sans ressources, et 1 243 € pour un couple. Pour beaucoup, c’est la possibilité de continuer à vivre chez soi sans sacrifier l’indispensable.
Le crédit d’impôt en faveur de l’aide aux personnes
Parfois, le maintien à domicile passe par l’adaptation du logement : installation d’une douche sécurisée, rampe d’accès, monte-escalier… Pour aider à financer ces équipements, un crédit d’impôt existe, ouvert à un public élargi. Il permet de récupérer 25 % du montant des travaux engagés, dans la limite de 5 000 € pour une personne seule et de 10 000 € pour un couple. Les couples avec personnes à charge peuvent obtenir une majoration. De quoi alléger la facture quand chaque détail compte pour préserver son indépendance.
Vieillir chez soi, même dans la tourmente, n’a rien d’une illusion. À condition de connaître les leviers disponibles et d’oser les activer, il devient possible de traverser l’urgence sans tout perdre de son quotidien. Reste à ne pas s’y prendre trop tard. Qui sait ? La prochaine urgence pourrait bien se transformer en nouvelle autonomie.


